Les tendances 2019 du marketing de contenu et du tourisme

7 janvier 2019

Moins de révolution et d’évolution… pour reprendre les bases ?

Chaque année a le droit à son lot de nouveautés, qui s’empilent souvent les unes sur les autres. Peu ont le temps de les digérer qu’une nouvelle disruption efface déjà l’autre. Mais quand on regarde dans le rétroviseur, a t-on seulement maîtrisé les bases du digital ?

Simple, basique. Et si l’année 2019 était celle de la maîtrise des basiques plutôt que de la course effrénée aux concepts novateurs ?

Le site Internet, vers un Bureau d’Information Touristique numérique ?

Est-ce que votre site Internet répond aux questions que pose l‘internaute via Google ?

Est-ce que votre site Internet répond aux questions que pose l‘internaute via Google ?

La stratégie web des différents acteurs institutionnels a beaucoup évolué ces dernières années.

Beaucoup ont d’abord laissé de côté la phase de préparation de séjour au sein de leur site et donc le volet commercial. Les offres sont désormais souvent limitées à une base de données mutualisée pour valoriser les hébergements et activités, quand les acteurs privés mettent les moyens pour des contenus premiums, positionnés sur tous les mots clés SEO qui peuvent exister, de beaux visuels pour sublimer le tout et une ergonomie qui se concentre sur l’essentiel : le taux de conversion.

Si Booking et Airbnb connaissent aujourd’hui ce succès, c’est aussi parce qu’ils ont su se concentrer sur le client : connaître les recherches qu’il effectue pour réserver, proposer un contenu personnalisé, unique, séduisant et adapter leur tunnel de conversion pour une efficacité optimale.

Si vos offres en ligne ne connaissent pas le succès escompté, ce n’est pas uniquement parce que Booking a cannibalisé le marché, mais aussi parce que votre site web n’est pas visible lors des recherches de vos futurs voyageurs.

Les réseaux sociaux ont aussi changé la donne. Pendant longtemps, il a été plus facile de faire grandir son audience via sa page Facebook que les visiteurs de son site Internet. Mais les comportement sont différents : quand l’utilisateur se rend sur Facebook plusieurs fois par jour pour se divertir et combler un temps mort, l’internaute effectue une recherche sur Google pour se renseigner, en vu souvent d’un futur achat / consommation. Ce n’est pas l’un OU l’autre, mais l’un ET l’autre.

Considérons votre site Internet comme un Bureau d’Information Touristique à part entière. Quand un touriste entre dans un office de tourisme, il est impensable qu’un agent ne puisse pas répondre au sujet. Les hôtels de la ville ? Je ne sais pas, je peux simplement vous proposer la liste de tous les hôtels de la communauté de communes. La plage bidule ? Aucune idée, allez plutôt voir la base de données qui recense toutes les plages. Et désolé, la plupart n’ont aucune photo !

Cette année sera simple, basique : Une page de contenu pour chaque recherche que l’internaute effectue, et y répondre avec un contenu éditorial adapté.
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Les réseaux sociaux : Plus de temps, moins d’attention et d’engagement

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Les internautes n‘ont jamais autant utilisé les réseaux sociaux, et pourtant, l‘attention n‘a jamais été aussi faible

La course à l’engagement de ces dernières années a engendré un effet de bord : pour être efficace, nos publications doivent valoriser ce qui fonctionne le mieux. Les paysages, coucher de soleil, la vidéo drône, etc. C’est déjà une belle manière de montrer son territoire, mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Et souvent la moins différenciante.

Le patrimoine, la culture, les bonnes adresses, les événements, les coins secrets qui ne sont pas les paysages de carte postale, mais qui sont une facette de votre destination… Ce type de publications fonctionne souvent moins bien sur les réseaux, c’est pourtant l’ADN de votre destination. Que faire, laisser de côté ces publications pour ne garder uniquement les publications qui performent ? C’est tentant, et souvent tenté. Ce qui produit une homogénéisation des contenus sur les réseaux sociaux, et une lassitude auprès du public.

Et si cette année, on se concentrait avant tout sur l’histoire à raconter plutôt que le taux d’engagement de telle ou telle publication ? En réfléchissant de cette façon, les réseaux sociaux deviennent un média de partage au service d’une histoire à raconter ; plus uniquement une fin en soi, plus uniquement un support à alimenter simplement pour attirer un like qui ne repose sur pas grand chose.

Cette année sera simple, basique : Se concentrer sur les histoires à raconter de votre territoire, et trouver l’angle captivant pour la diffuser sur les réseaux sociaux.

Vers une culture de la collecte de données

collecte profils marketing de contenus

Sur les milliers de visiteurs chaque année, combien collectez-vous de profils qualifiés ?

Se dire adieu après une première rencontre, c’est tout de même frustrant. Un visiteur qui se rend sur votre site Internet après une recherche Google, un touriste qui pousse les portes de votre office de tourisme… C’est un premier acte d’engagement, qui compte bien autant qu’un like sur Facebook. Pourquoi s’arrêter à cette étape sur le web et en office lorsqu’on considère qu’il faut agrandir la communauté quand il s’agit des réseaux sociaux ?

Combien de visiteurs se rendent sur votre site Internet chaque année ? Combien de touristes poussent les portes de vos offices tous les ans ? Imaginez collecter 1% seulement de ces visiteurs captifs… Nous construirions des communautés plus fortes et engagées en très peu de temps…

Cette année sera simple, basique : Collecter la donnée mail (et non le code postal !) pour 1% de mes visiteurs, ainsi que le centre d’intérêt principal pour lequel ils sont là.
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Travailler les ailes et le hors saison

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Si peu de touristes viennent chez vous en février, c’est peut-être aussi que personne ne leur en a donné l’idée ?

Comme beaucoup lors d’un repas, on préfère manger les pâtes que les légumes dans l’assiette. Le tourisme subit la même préférence : travailler en priorité les visuels et contenus en haute saison, et on verra après pour la basse saison !

Une récente étude Booking montre pourtant que les internautes partiront moins longtemps en 2019, plus souvent, moins loin. Etes-vous prêt pour ces changements de comportements, qui s’observent déjà depuis quelques temps maintenant ?

Les incontournables existent-ils uniquement pour une visite en pleine saison ? Les pages d’inspiration de votre site Internet valorisent-elles des activités en basse saison ? Les visuels des brochures et réseaux sociaux montrent-ils la destination à tous les moments de l’année ?

Si peu de touristes viennent chez vous en février, c’est peut-être aussi que personne ne leur en a donné l’idée ?

Cette année sera simple, basique : Lister des expériences à vivre spécifiquement en basse saison, et valoriser des activités et hébergements que l’on met peu en avant en haute saison.

Vers l’urgence d’intégrer l’écologie dans sa stratégie

En 2019, et si nous rendions l‘écologie instagrammable ?

En 2019,
et si nous rendions l‘écologie instagrammable ?

Nous avons eu la chance de pouvoir proposer un manifeste sur l’écologie du tourisme lors des dernières rencontres du e-tourisme à Pau. Sans être militant, nous pensons qu’il est primordial d’intégrer l’écologie dans une stratégie touristique. Car nous n’avons simplement plus le choix.

En tant qu’agence, notre rôle n’est pas de culpabiliser notre touriste. Ce serait contre productif et peu légitime de notre part.

Notre rôle est avant tout de rendre instagramable l’écologie. Ce n’est surtout pas une façon de faire du greenwashing, non. Mais les messages écologiques portent souvent une dimension culpabilisante, comme un signal d’alarme permanent qui rappelle à chacun d’entre nous que nous ne faisons jamais ce qu’il faut. C’est certainement vrai, mais cet angle d’attaque ne fonctionne absolument pas lorsqu’on souhaite valoriser une destination à nos futurs voyageurs.

Et si cette année, l’écologie se diffusait dans les offres touristiques ? Permettre à nos touristes de rencontrer les agriculteurs des destinations rurales. Pas simplement d’y passer une heure le temps d’une visite guidée, mais une vraie offre touristique qui s’étend sur plusieurs jours, le temps qu’il faut pour une prise de conscience de la nature. Récolter le miel, prendre du temps pour les vendanges, participer à un atelier de création de produits ménagers, etc.

Vu comme cela, on pourrait croire à des offres issues de “Airbnb Expérience”. Mais oui ! L’écologie ne doit pas porter de nom particulier pour exister. La nature doit s’intégrer de manière naturelle dans le paysage touristique.

Cette année sera simple, basique : Lister les partenaires, pas simplement touristiques au demeurant, qui pourraient faire partie de la valorisation écologique de la destination.

Pour conclure et ne rien oublier

Bien sûr, ces quelques tendances ne doivent pas faire oublier le reste : l’internaute reste toujours autant connecté, notamment via le mobile qui est le premier écran. Il se connecte presque 2 heures par jour sur les réseaux sociaux, et effectue encore plus de recherches sur Google pour s’inspirer, préparer et réserver.

→ Combien de temps passent les internautes sur les réseaux sociaux chaque jour ?

Il devient de plus en plus zappeur, et il préfère les informations précises au long discours des brochures à l’ancienne. Il aime aussi l’humain, et souhaite pouvoir s’identifier dans une expérience touristique. Belle nouvelle, si le touriste utilise le digital, il n’en reste pas moins un mordu du papier, qui continuer d’évoquer la qualité et la petite madeleine de Proust du guide de voyage que l’on glisse dans le sac pour barouder.

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